L'activité recule en juin

01/08/2022

Sur la base de la très forte croissance du mois de juin 2020, supérieure à 35%, confirmée ensuite en 2021 (+3%), et au vu de la conjoncture actuelle, il y avait peu de chances que le marché parvienne à maintenir un tel niveau de chiffre d’affaires en 2022. C’est donc sans surprise qu’il enregistre en juin un recul de son activité assez marqué de 7,8%. Toutefois, le mois demeure largement en avance sur son résultat de l’année 2019 avec un gain en valeur de 30,3%. On notera néanmoins que le marché est en repli en juin malgré des prix en hausse par rapport à l’exercice précédent et alors qu’il bénéficiait d’une semaine de soldes supplémentaire sur ce mois, ce qui sous-entend un recul non négligeable des volumes vendus par rapport à 2021. Durant le mois, aucun circuit ne parvient véritablement à sortir du lot, exception faite de la vente en ligne qui reprend quelques couleurs après plusieurs mois de recul de ses ventes. Au sein de chaque circuit aucune enseigne ne parvient non plus véritablement à se détacher, même si certains acteurs arrivent à stabiliser leurs ventes où à les faire très légèrement progresser sur le mois.

Le mois de juin en bref…

Evolution du marché juin 2022/ juin 2021 -7,8 %
juin 2022/ juin 2019 +30,3 %
Evolution du cumul à fin juin 2022/2021 +5,3 %
 à fin juin 2022/2019 +10,7 %

 

 

Du côté des résultats cumulés, le recul du mois de juin se traduit négativement par rapport à 2021 et le premier semestre n’affiche maintenant plus une progression que de 5,3%, mais il reste fortement en avance sur sa dernière performance hors covid de 2019 avec une croissance de 10,7%, largement supérieure à celle enregistrée à fin mai. Les performances de juillet ces deux dernières années qui plaçaient le mois en 2021 presque 25% au-dessus de sa valeur de 2019 pourraient se traduire par un nouveau recul de marché par rapport à 2021, même si le mois devrait conserver de l’avance sur 2019.
 

Indicateur de conjoncture – Note semestrielle Juin 2022

Dans la maison, le meuble résiste bien

Si au cours du premier semestre 2021 l’équipement de la maison avait le vent en poupe, la situation est plus délicate sur le premier semestre 2022. Sur un marché globalement en recul, le meuble parvient toutefois à tirer son épingle du jeu en affichant des résultats en croissance.
Une fois n’est pas coutume, parmi les secteurs que nous observons, celui qui enregistre les meilleures performances sur les six premiers mois de l’année est le textile habillement qui voit son activité progresser de plus de 15% par rapport à 2021 sur le semestre. Le marché reprend un peu de couleurs après une année 2020 en recul de 15% qui n’avait pu être compensée par les 8% de croissance de 2021. Nul doute que l’arrêt des restrictions de sortie depuis le second semestre 2021 a fait du bien au secteur sur les premiers mois de l’exercice en cours.
Le marché de l’électronique grand public recule pour sa part de 2,1% sur les premiers mois de l’année par rapport à 2021 sous l’impulsion des arbitrages des ménages. L’effet rattrapage auquel on a pu assister sur le marché du meuble au cours du semestre est moins flagrant sur ce secteur qui a moins été concerné par les fermetures des surfaces de vente les plus grandes du premier semestre 2021 et qui réalisait déjà une part non négligeable de son chiffre d’affaires via la vente en ligne bien avant le covid. Les problèmes de stocks sur certains produits n’ont pas non plus aidé à maintenir l’activité. Le secteur devrait toutefois profiter d’une bonne fin d’année à l’approche de la coupe du monde de football qui exceptionnellement démarrera en novembre et qui devrait inciter comme à chaque fois bon nombre de téléspectateurs à changer leur écran. Même causes et mêmes effets pour l’électroménager qui voit ses ventes ralentir sur le premier semestre de près de 7% si l’on en croit les chiffres de la Banque de France.
Léger recul également pour le bricolage, de nombreux ménages ayant mis leurs travaux en pause suite à la hausse des prix des matières premières et à la baisse de leur pouvoir d’achat. Le secteur reste néanmoins fortement en avance sur le premier semestre 2019 avec une croissance de plus de 30% par rapport à cette dernière marque référence hors covid.
Situation plus difficile enfin en ce qui concerne l’automobile dont les immatriculations chutent encore de 16% sur le premier semestre après une année 2021 tout juste étale mais qui faisait suite à une chute de 25% en 2020. La baisse du pouvoir d’achat et les délais de livraison qui s’allongent suite à la pénurie de semi-conducteurs handicapent fortement le marché.

Moral et pouvoir d’achat en berne

Nous l’avons déjà évoqué lors de nos notes précédentes mais les prix des matières premières et par conséquent des biens de consommation ne cessent d’augmenter ces derniers mois dans des proportions inédites depuis le second choc pétrolier en 1979. Le pouvoir d’achat des ménages est sous pression et leur moral au plus bas face à une conjoncture économique et internationale précaire.

Source : Insee

Depuis le début de l’exercice 2022, les prix à la consommation ne cessent d’augmenter. Ainsi, ils progressent encore de 0,7% en juin par rapport au mois précédent et de 5,8% sur un an. L’énergie est toujours en première ligne de ces hausses de prix avec une croissance de plus de 5% encore en juin et de près d’un tiers sur un an, tendance qui ne devrait pas s’arranger au vu de la situation en Russie et en Ukraine. Du côté de l’alimentaire, les prix accélèrent leur augmentation avec une croissance de 0,8% en juin et de près de 6% sur un an. Concernant les produits manufacturés, l’augmentation reste contenue avec un mois de juin étale et une croissance de 2,5% sur douze mois.

La consommation des ménages en biens se contracte légèrement sur ce début d’année avec un recul sur les six premiers mois de 1,5%. Ce résultat est toutefois à relativiser car fortement relevé par la bonne performance du mois d’avril (+6,9%) consécutive à la fermeture des points de vente non essentiels sur ce mois en 2021. Si l’on retire le mois d’avril du calcul, sur la moyenne des cinq mois restants, la consommation des ménages recule de 3,0%. L’aménagement du logement est bien plus impacté pour sa part, ainsi la consommation en biens sur ce secteur recule de plus de 7% malgré un mois d’avril à +15%. Si l’on retire avril, on arrive à un recul moyen proche des 11% sur les cinq mois restants.

Deuxième pôle d’économie des Français pour préserver leur pouvoir d’achat : la réduction de leurs dépenses en énergie. Ainsi ce sont 82% d’entre eux qui déclarent qu’ils font ou qu’ils feront plus attention en ce Fonctionnement à double vitesse pour la construction de logements neufs sur ce début d’année. Ainsi sur le dernier trimestre disponible de mars à mai 2022, on constate une progression de 16,7% des permis de construire délivrés contre un recul de 5% des logements mis en chantier sur la même période. La situation est presque similaire si l’on observe les résultats sur douze mois glissants. Les permis de construire progressent de plus de 16% alors que les mises en chantier affichent pour leur part un petit +0,5% qui les maintient en dessous des 400 000 unités mises en chantier en rythme annuel. La transition entre le permis de construire délivré et la construction proprement dite est plus difficile ces derniers mois alors que les difficultés se bousculent sur le secteur : hausse des prix des matières premières, passage à la RT 2020 qui fait augmenter également les coûts de construction, difficulté à trouver un artisan alors que ces derniers affichent des carnets de commande pleins suite aux vagues de travaux initiés ces derniers mois, durcissement de l’accès au crédit etc… Du côté de l’immobilier ancien, les transactions restent à des niveaux élevés juste en dessous des 1,2 million en rythme annuel à fin mai 2022 en progression d’un peu plus de 4% sur un an mais en baisse par rapport à l’été dernier où les transactions avaient franchi cette barre des 1,2 million.

 

Si pléthore d’indicateurs ne sont pas au beau fixe sur ce début d’exercice, celui concernant le taux de chômage au sens du BIT en France métropolitaine se porte encore une fois particulièrement bien. Ainsi, au premier trimestre celui-ci s’affichait en léger retrait de sa dernière marque du dernier trimestre 2021 avec des taux de respectivement 7,1% et 7,2%. Attention toutefois, ce taux de chômage est restrictif car il ne prend en compte que les chômeurs sans emploi durant une semaine donnée, qui sont disponibles dans les deux semaines suivantes et qui ont recherché un emploi activement durant les quatre semaines précédentes. Il faut donc ajouter à ce taux ce que l’Insee appelle le « halo autour du chômage » soit 1,8 million de demandeurs d’emploi supplémentaires, ce qui correspond à 4,4% des 15-64 ans mais qui ne sont pas considérés comme étant au chômage car ils ne recherchent pas d’emploi activement au cours de la période observée ou ne sont pas disponibles immédiatement.

En juillet, l’indicateur synthétique de confiance des ménages est au plus bas depuis 9 ans et juin 2013, bien en dessous de sa moyenne de longue période. Il perd ainsi près de vingt points depuis février suite au début du conflit ukrainien et à l’accélération de la hausse des prix. Les Français sont très pessimistes en ce qui concerne leur niveau de vie futur avec un indicateur 46 points en dessous de sa moyenne et qui aura perdu près de quarante points depuis février. Constat similaire en ce qui concerne l’opportunité d’effectuer des achats importants, l’indicateur se situe vingt-cinq points en dessous de sa moyenne de longue période, et en recul de 21 points depuis février. Les pressions sur le pouvoir d’achat se font sentir et les ménages français ne sont pas prêts à investir dans certaines dépenses. Cette baisse de la consommation ne se fera toutefois pas forcément au profit de l’épargne car si l’indicateur mesurant l’opportunité d’épargner demeure trois points au-dessus de sa moyenne de longue période, il est en recul de onze points par rapport à février. La question se pose de savoir si les ménages ne veulent pas épargner plus ou si, au vu de leurs difficultés de pouvoir d’achat, ils ne peuvent pas épargner plus. En ce qui concerne l’évolution future des prix, les ménages pensent que ces derniers vont continuer à augmenter avec un indicateur mesurant cette opinion 37 points au-dessus de sa moyenne de longue période mais en recul de 33 points depuis mars. Le seul point sur lesquels les ménages demeurent confiants est le taux de chômage qu’ils ne voient pas progresser. L’indicateur qui mesure leur opinion quant au chômage demeurant 22 points sous sa moyenne de longue période.

Quelles perspectives pour la fin 2022 ?

Difficile d’être optimiste au vu de la conjoncture actuelle pour les semaines et mois à venir. Le moral des ménages est au plus bas et ces derniers redoutent que la hausse des prix se poursuive fortement. Ils ne sont pas prêts dans ces conditions à s’impliquer financièrement dans des achats importants comme le montre d’ailleurs l’évolution des dépenses en biens pour l’équipement de la maison sur les six premiers mois de l’année, bien inférieure à celle des biens au global. Les ménages ont arbitré dans leurs dépenses et ils ont diminué en premier lieu celles à destination de leur logement pour lequel ils ont beaucoup investi depuis le second semestre 2020. Il faut donc encore sans doute s’attendre à une nouvelle chute de la fréquentation dans les magasins d’équipement de la maison, en espérant que celle-ci pourra au moins être compensée par la hausse des prix. En ce qui concerne le marché du meuble en valeur, la situation reste toutefois à relativiser car au premier semestre ce dernier demeure en avance à la fois sur 2021 (+5,3%) et aussi sur 2019 (+10,7%). Pour que le marché revienne à son niveau de 2019, il faudrait une chute d’activité en valeur en moyenne de 20% sur les derniers mois de l’année, ce qui parait fortement improbable.

La construction de logements neufs ainsi que le niveau de transactions dans l’immobilier ancien lorsqu’ils sont bien orientés ont toujours constitué des alliés de poids pour la bonne tenue du marché du meuble. Si les mises en chantier sont à la peine sur ce début d’année, les permis de construire sont délivrés en masse et les transactions dans l’ancien se portent bien. Toutefois la hausse des taux des crédits immobiliers, même si elle reste en deçà de l’inflation, et la difficulté d’accès au crédit pour les ménages les moins aisés, qui se traduit par une forte baisse de la production de crédit de 15% au cours de deuxième trimestre 2022, pourraient remettre en cause ces bonnes performances. D’autant plus que les ménages se montrent inquiets quant à leur capacité à investir dans l’immobilier dans les prochains mois comme le montrent les résultats de la dixième vague du baromètre Ifop pour Cafpi* sur l’accession à la propriété.

62% des personnes interrogées estiment que les conditions d’accès au crédit sont devenues plus difficiles au cours des dernières années alors qu’elles n’étaient que 51% lors de la dernière vague de l’enquête réalisée en septembre 2021. Si 14% estiment pour leur part qu’elles n’ont pas évoluées, 9% estiment également qu’elles sont devenues plus faciles alors que 15% n’ont pas d’opinion sur le sujet.
66%, c’est la part des Français qui se déclarent inquiets des effets de l’inflation sur les conditions d’accès à un crédit immobilier, 28% d’entre eux se montrant même très inquiets. 71% s’inquiètent des effets de l’inflation sur les prix de l’immobilier, 32% sont très inquiets. 72% s’alarment quant à eux des effets sur la hausse des taux d’intérêts avec 31% des Français qui se déclarent très inquiets. Ces proportions restent toutefois inférieures à celles concernant leur pouvoir d’achat pour lequel 85% des personnes interrogées se déclarent inquiètes. 50% des Français étant même très inquiets.
30% des personnes interrogées déclarent avoir l’intention de devenir propriétaire d’une résidence principale dans les cinq prochaines années, 15% d’un bien immobilier locatif et 9% d’une résidence secondaire, ce sont ainsi 41% des Français qui projettent de devenir propriétaire d’au moins un bien immobilier dans les cinq ans, contre 44% au cours de la vague précédente du baromètre.
57% des personnes interrogées qui ont un projet d’achat immobilier dans les cinq prochaines années estiment que le niveau d’inflation actuel pourrait les inciter à le retarder. Si 32% estiment que cela n’aura pas d’incidence et n’entrainera ni de retard ni d’accélération de leur achat, 11% d’entre eux estiment néanmoins que cela pourrait accélérer leur projet immobilier dans la crainte que l’inflation et les taux ne continuent à augmenter.

*Un échantillon de 1504 Français représentatif de la population selon la méthode des quotas sur des critères de sexe, d’âge et de profession a été interrogé en ligne du 9 au 17 mai 2022.

Une saisonnalité en déséquilibre

Comme tous les ans, cette note semestrielle est l’occasion de refaire le point sur la saisonnalité du marché du meuble. Suite à la crise du Covid en 2020, la saisonnalité du marché a été fortement affectée. Pour 2021, la fermeture partielle des points de vente dès le début du mois de février puis ensuite totale à partir d’avril ne permet pas encore un retour à la normale.


Source: IPEA , * Pour des raisons de lisibilité, seuls les poids des mois pour l’année 2021 sont affichés

En 2020, les magasins de meubles avaient été fermés deux mois entre la mi-mars et la mi-mai sans que les enseignes aient le temps de mettre en place une solution de remplacement. Ils avaient ensuite été à nouveau fermés en novembre, déséquilibrant d’autant la saisonnalité au détriment de ces périodes. En 2021, si le mois de novembre n’aura pas connu de fermetures, les points de vente auront encore été fermés au premier semestre, partiellement puis en totalité, mais avec cette fois ci des solutions de remplacement mises en place par les acteurs ce qui a permis au marché d’entamer doucement le rééquilibrage de sa saisonnalité.
En 2021, c’est à nouveau le mois d’avril qui pâtît le plus de la fermeture des points de vente. C’est en effet le seul mois où les magasins de meuble auront été fermés tous les jours en 2020 et en 2021. Ainsi, malgré les solutions de remplacement mises en place par les enseignes, qui ne peuvent toutefois pas compenser la fermeture des magasins, le mois d’avril ne représente que 4,3% des ventes en 2021, contre 1,3% en 2020. En 2022, le mois d’avril devrait renouer avec une part de marché plus en phase avec son poids historique les magasins ayant enfin pu être ouverts pour la première fois depuis trois ans.
Pour le reste du premier semestre, les mois de janvier, février, mars et mai se rapprochent de leur part de marché de 2019. Le mois de juin reste pour sa part toujours à des niveaux élevés, et le deuxième mois de l’année en valeur avec janvier, profitant sans doute encore de l’appétence des Français pour leur logement, qui en ont profité pour mettre en oeuvre des travaux au moment des vacances.
Au deuxième semestre, de nombreux mois retrouvent également une part de marché proche de celle de 2019 mais sur la base de valeurs plus élevées. C’est le cas des mois d’août, septembre, octobre et novembre où les magasins seront restés ouverts en 2021 contrairement à 2020. Décembre retrouve lui aussi sa part de marché de l’année 2019, l’effet rattrapage de 2020 lié aux fermetures de novembre n’ayant plus lieu d’être en 2021. Le mois de juillet quant à lui reste un cran au-dessus de son poids de l’année 2019 et demeure le premier mois de l’année en valeur.

La production française de meubles en recul en 2022

La production française de meubles enregistre un léger recul de son activité à la fois par rapport à 2021 mais aussi par rapport à 2019 sur les cinq premiers mois de l’exercice 2022.

Les meubles de bureau et de magasin

La production de meubles de bureau et de magasin parvient à maintenir son activité en valeur sur les cinq premiers mois de l’année. Au vu de la hausse des prix des matières premières, la situation est sans doute tout autre en volume et fortement à la baisse. Ce résultat, positif au premier abord reste donc à relativiser. D’autant plus que, comparé à 2019 et sur cinq mois, la production accuse un recul de son activité de 5,2% sur cette dernière référence hors covid. De même à la fin de l’année 2021, la production accusait un retard en valeur de plus de 8% sur l’exercice 2019, retard qui sera difficile à combler au vu des résultats des cinq premiers mois à moins d’un second semestre spectaculaire.

 

La literie

Après un beau rattrapage de son activité en 2021 qui lui avait permis de clôturer l’année sur une croissance de 16% et donc de revenir à son niveau de performances de 2019, le début d’exercice 2022 semble plus difficile pour les industriels de la literie. Ainsi, sur les cinq premiers mois de l’année, le segment s’affiche en recul d’un peu plus de 10%, malgré une baisse des importations en valeur de l’ordre de 6% sur les quatre premiers mois de l’année selon les données des douanes. On peut s’interroger sur cette performance alors que la consommation de literie progresse en valeur sur ce début d’année. Certaines enseignes auraient-elles stocké outre-mesure ou la hausse des prix à la production serait-elle moins marquée sur ce segment ?

 

La cuisine

Comme à chaque fois maintenant, c’est la cuisine qui enregistre les meilleures performances de production sur ce début d’année 2022 avec une croissance qui approche les 5% sur cinq mois par rapport à 2021. Si l’on compare par rapport à 2019, la cuisine est encore largement en tête avec une progression de son activité qui frôle les 20% en valeur sur les cinq premiers mois de l’année. La performance pourrait toutefois être encore meilleure sans une progression très forte des importations (+16% dont +21% en provenance d’Allemagne) sur les quatre premiers mois de l’année selon les douanes.

 

Les autres produits meubles

Concernant les « autres produits meubles », le recul d’activité est aussi de rigueur sur ce début d’exercice avec une contraction de la production de 8,6% sur les cinq premiers mois malgré les hausses des prix de production. Par rapport à 2019, l’activité recule de 8% sur cinq mois alors que le segment affichait déjà un recul d’un peu plus de 3% sur cette dernière année référence à la fin de l’exercice 2021. Encore une fois difficile d’avoir une analyse plus fine sur cette catégorie qui englobe à la fois du meuble meublant pour les différentes pièces de la maison ainsi que les canapés, banquettes, fauteuils et divers autres types de meubles comme la salle de bains par exemple.

Au global, la performance de l’industrie française du meuble est en retrait sur le début d’année 2022 et les seules progressions de la cuisine et du mobilier de bureau ne peuvent maintenir l’activité à son niveau de 2021. Sur les cinq premiers mois, la production recule donc de près de 3% par rapport à l’exercice précédent mais aussi par rapport à 2019. Si l’on compare les performances françaises à celles de certains de ses voisins européens, la France semble un peu en retard en ce qui concerne la production de mobilier. On notera ainsi que les industriels allemands enregistrent pour leur part une croissance de 3% par rapport à l’exercice précédent alors que les Italiens affichent un +3,7%. Les industriels portugais enregistraient une progression de 2,1% sur les quatre premiers mois de l’année alors que l’industrie espagnole affiche pour sa part une croissance de près de 10% sur cinq mois. La Roumanie affiche un recul de 3,6% et les Belges de 7,8%. Parmi les principaux producteurs européens, les industriels tchèques et polonais jouent dans une autre catégorie avec des croissances respectives de 15,1% et de 13,1% (sur les quatre premiers mois de l’année pour la Pologne).

Evolution (valeur) du marché domestique m / m–12


Les ventes de mobilier progressent fortement en 2021

En 2021, les ventes de meuble repartent fortement à la hausse avec une progression de plus de 14 % par rapport à l’exercice 2020, pour se stabiliser à 14,5 milliards d’euros. C’est la première fois que le marché franchit la barre des quatorze milliards d’euros.

 

On a pu observer en 2021 un phénomène de rattrapage après une année 2020 en retrait suite à la crise sanitaire et à la fermeture des points de vente de produits non essentiels. Mais le rattrapage d’une année difficile ne suffit pas à expliquer cette bonne performance. Les deux confinements de l’année 2020 ont remis le logement au centre de l’attention des ménages français, qui affichent de nombreux projets de travaux et de réaménagement pour leur intérieur. Les ventes de mobilier profitent pleinement en 2021 de cette volonté de remise à neuf. Si l’on compare les résultats de l’exercice 2021 à ceux de 2019, le marché a progressé de 8,8 % par rapport à cette dernière année de référence, soit un gain en valeur de plus d’un milliard d’euros.

L’année 2021, comme la précédente, aura également été marquée par la fermeture des surfaces de vente de biens non essentiels de plus de 20 000 m² dans un premier temps, puis de plus de 10 000 m² dans un second temps, avant la fermeture de tous les points de vente de ce type. Toutefois, les solutions de remplacement mises en place par les enseignes (click-and-collect, retrait en points relais, livraisons, etc…) ont rempli leur rôle et ont permis de limiter la chute des ventes sur le marché durant ces périodes de fermeture.

On notera également une poursuite de la volonté de monter en gamme des ménages, avec d’excellents résultats chez les spécialistes salon, cuisine, salle de bains ou literie tout au long de l’année, comme dans les enseignes des magasins de l’ameublement milieu – haut de gamme. Les consommateurs sont prêts à investir davantage dans leur mobilier, d’autant plus que les sommes épargnées depuis le début du premier confinement sont colossales, avec plus de 100 milliards d’euros supplémentaires mis en banque par les ménages.

Si l’engouement des Français pour leur logement est de bon augure pour l’exercice 2022, certains freins menacent toutefois l’activité sur le marché. Au premier rang de ces menaces potentielles, on trouve bien sûr la hausse des prix de vente, sous la pression à la fois des augmentations des prix du fret et des matières premières. Ces augmentations de tarif pourraient en effet amener les ménages à repousser voire annuler certains de leurs achats de mobilier, d’autant plus que les difficultés d’approvisionnement poussent certaines enseignes à allonger les délais de livraison, ce qui peut également avoir un effet dissuasif auprès du consommateur. La baisse du pouvoir d’achat consécutive à ces hausses de prix, ainsi qu’à celles de l’énergie et du carburant, pourrait également inciter les ménages à arbitrer dans leurs dépenses, arbitrages qui pourraient se faire au détriment du meuble, pour lequel ils ont beaucoup dépensé ces derniers mois. La guerre en Ukraine ne sera pas non plus sans conséquences sur l’économie française et pourrait amener les ménages à revoir leurs priorités dans leurs dépenses.

 

Les confinements : une opportunité pour la filière meuble

Au cours de l’année 2021 et dans la lignée de 2020, les restrictions sanitaires et la généralisation du télétravail ont engendré de nouvelles attentes des consommateurs tant au niveau de l’aménagement de leur maison que de leurs parcours et critères d’achats.

L’avènement du télétravail transforme en profondeur les modes de vie des consommateurs. Le développement d’activités telles que le home office, le sport, ou les repas à la maison nécessitent de repenser les espaces de vie à la maison. Fabricants comme distributeurs conçoivent de nouveaux produits et services pour répondre à ces usages émergents.

Les restrictions sanitaires ont également pénalisé la fréquentation des magasins, déjà ralentie avant la pandémie. Pourtant l’activité 2021 a été dynamique, grâce à une adaptation des professionnels pour proposer un parcours clients omnicanal optimisé, où proximité, conseils et inspirations renouvellent l’expérience.

Ainsi après avoir fui l’achat corvée, le consommateur est passé à l’achat plaisir mais aussi à l’achat impliquant. De plus en plus exigeant, il entend désormais donner plus de sens à ses achats. L’achat devient un acte « citoyen » au travers duquel le client entend agir sur la société non seulement en tant qu’acheteur mais aussi en tant qu’acteur social et environnemental, poussant parfois son engagement jusqu’à jouer un rôle de vendeur de ses anciens produits et d’influenceur via les réseaux sociaux.

L’Observatoire CETELEM confirme cette tendance du consommateur 2022, à la fois acheteur, vendeur, influenceur et acteur.

 

Tous les segments sont en croissance en 2021

Evolution en valeur par familles de produits – milliards d’euros courants TTC

Structure de la distribution en 2019

Traitements et estimations IPEA - Sources : IPEA, Éco-mobilier, Insee.
Part de marché CA 2021
(Mds € TTC)
Évolution 2021/2020
Meubles meublant 32.3 % 4.7 9.3 %
Cuisine intégrée 28.8 % 4.18 19.5 %
Canapés, fauteuils et banquettes 17.9 % 2.61 17.5 %
Literie 12.8 % 1.86 12.8 %
Meuble de Jardin 4.4 % 0.65 14.5 %
Meuble de salle de bains 3.8 % 0.55 10.5 %

Les indicateurs sociaux à compter du 1er Janvier 2022

SMIC

2022 2021
Horaire : 11,07 € 10,85 €
Mensuel : 1 679 € 1 646 €

Plafond sécurité sociale

2022 2021
Mensuel brut : 3 428 € 3 428 €
Annuel brut : 41 136 € 41 136 €

Salaires minima conventionnels

La grille des minimas conventionnels du 15.11.21 est applicable depuis le 1er janvier 2022 (grille disponible dans l’espace adhérent).

  • Le Groupe 1 et les Groupes 2 niveau 1 et 2 ont été rattrapés par le SMIC à 1603.12 euros du 01.01.2022 au 30.04.22. Il convient donc de tenir compte de cette valeur pour les salariés concernés pendant cette période.
  • Du 1er mai 2022 au 31 juillet 2022, la grille a été de nouveau « rattrapée » par le SMIC de 1645,58 euros du Groupe 1 au Groupe 3 niveau 2. Il convient donc de tenir compte de cette valeur pour les salariés concernés pendant cette période.
  • Depuis le 1er aout 2022, la grille est à nouveau « rattrapée » par le SMIC de 1678,95 euros du Groupe 1 au Groupe 3 niveau 3. En conséquence, il faudra vérifier pour ces salariés concernés par ces groupe-niveaux, que leur rémunération mensuelle brute pour 151,67h ne soit pas inférieure à ce nouveau SMIC.

Les salaires minima conventionnels de la grille servent de base au calcul de la prime d’ancienneté.

Minimum garanti (MG) au 1er aout 2022 : 3,94€

Les indicateurs INSEE

En savoir plus : insee.fr

Croissance économique
PIB +0,5% au 2eme trimestre 2022
Inflation
+6,1 % sur un an (+0,3 % sur un mois) - juillet 2022
Consommation des ménages en biens
+ 0,2% en juin 2022
Indice des prix à la consommation (ensemble)
111,80 en juin 2022 (hors tabac)
Indice de référence des loyers commerciaux
120,61 au 1er trimestre 2022 (+3,32% annuel)
Indice de référence du coût de la
construction (ICC)
1948 au 1er trimestre 2022 (+6,92% annuel)

Ressources internet