Fort effet de rattrapage en avril 2021

14/06/2021

Le mois d’avril en bref …
 
Evolution du marché avril 2021/ avril 2020 + 269,7,0 %
avril 2021/ avril 2019 – 43,30%
Evolution du cumul à fin avril 2021/2020 + 42,1 %
avril 2021/2019 -4,2%

 

Malgré une nouvelle fermeture des points de vente de meubles sur l’ensemble du territoire en avril 2021, le marché progresse fortement sur l’ensemble du mois avec un chiffre d’affaires presque multiplié par trois par rapport à 2020. Les solutions alternatives travaillées par les acteurs de la distribution lors des précédents confinements se seront montrées efficaces sur le courant du mois d’avril, tout comme elles l’avaient déjà été au mois de novembre 2020 permettant ainsi au marché de ne pas enregistrer un recul d’activité de l’ordre de 85% par rapport à un mois d’avril « classique » comme ce fut le cas en 2020. Toutefois ces solutions aussi efficaces soient elles ne peuvent compenser la fermeture totale des points de vente et le résultat du mois d’avril enregistre un fort retard par rapport au mois d’avril 2019 (-44,3%).Le marché aura pu également s’appuyer sur un consommateur motivé, toujours prêt à s’occuper de son logement et qui se sera donné les moyens d’accéder aux produits dont il avait envie pour réaménager son intérieur.

L’activité du marché du meuble sur quatre mois continue de se redresser par rapport à 2020 (+42,1%). L’avance prise au premier trimestre par rapport à l’exercice 2019 aura été utile puisque sur quatre mois, l’activité recule maintenant de 4,2% par rapport au dernier exercice « normal ». Bonne nouvelle toutefois, si la première partie du mois de mai sera encore difficile en termes de performances par rapport à 2019, les ménages ont encore une fois répondu présent à la réouverture des points de vente avec une fréquentation soutenue mais des performances tout de même plus sages.

Les mois qui viennent de s’écouler auront été ceux de tous les dangers pour les enseignes de la vente physique de produits non essentiels. De manière forcée, la concurrence de la vente en ligne s’est encore renforcée, mais les fortes fréquentations enregistrées dans les points de vente au moment de leurs différentes réouvertures en mai et novembre 2020 ainsi qu’en mai 2021 ont montré l’attachement des Français à leurs magasins. Toutefois les consommateurs sont en attente d’évolutions concernant les points de vente physiques et notamment en ce qui concerne les ensembles commerciaux qui ne doivent plus seulement être des lieux de consommation mais aussi des lieux de vie et de plaisir leur permettant de mieux consommer. C’est ce que montrent les résultats d’une étude réalisée en ligne du 26 au 31 mars 2021 par l’ObSoCo (Observatoire société et consommation) en collaboration avec JMP Expansion auprès d’un échantillon représentatif de 1000 personnes.

54% des personnes interrogées dans le cadre de cette étude souhaitent que les ensembles commerciaux proposent des activités de loisirs, c’est notamment le cas pour les couples avec enfant dont la part de personnes intéressées monte à 60%, avec un intérêt notamment pour des « activités ludo-éducatives et des ateliers ». On notera également que 43% des répondants montrent une envie de participer à des ateliers pédagogiques pour apprendre des choses nouvelles.

Pour les Français interrogés, l’ensemble commercial doit aussi leur permettre de mieux consommer, c’est pourquoi 49% aimeraient des espaces qui favorisent la consommation responsable. Ainsi, selon l’étude, 42% d’entre eux souhaiteraient des offres qui puissent donner une seconde vie au produit. Toujours dans cette optique de mieux consommer, on notera également que 61% des répondants veulent un lieu d’expérience qui leur permettrait de tester et d’expérimenter les différents produits. On notera enfin que la part d’une offre plus locale continue à faire son chemin puisque 66% des personnes interrogées aimeraient que les ensembles commerciaux proposent des commerces de produits locaux.

Internet étant maintenant rentré dans les mœurs, 60% des Français souhaitent que les ensembles commerciaux physiques proposent également un site Internet e-commerce dédié sur lequel figure l’ensemble de l’offre commerciale, notamment en ce qui concerne les clients réguliers qui souhaiteraient pouvoir effectuer leur commande en ligne et ensuite simplement pouvoir venir la retirer.
Malgré tous ces éléments, ce sont néanmoins les « basiques » qui restent en tête des attentes des Français quant à un ensemble commercial. A savoir un choix important pour 85% d’entre eux, des grandes marques pour 79%, même proportion de répondants en ce qui concerne des offres promotionnelles alors que 73% sont en quête de prix attractifs et 71% attendent un programme de fidélité lui aussi attractif via notamment des bons de réduction par exemple.

Evolution (valeur) du marché domestique m / m–12


UN RECUL LIMITÉ EN 2020

En 2020, les ventes de meubles reculent de 4,8 %, soit un déficit de près de 650 millions d’euros. Si en valeur absolue le résultat reste négatif, il n’en constitue pas moins un score plus qu’honorable au vu du contexte sanitaire, social et économique atypique de l’année. À fin avril, le marché affichait sur les quatre premiers mois de l’année un recul d’activité de plus de 30 %. Une grosse partie du déficit engendré sur la première période de confinement de la mi-mars à la mi-mai a donc été rattrapée sur les mois suivants.

Si les résultats sont en recul suite aux trois mois de fermeture des points de vente, auxquels s’ajoute une certaine appréhension de la part de certains consommateurs de retourner régulièrement en magasin, plusieurs éléments positifs se dégagent néanmoins de cette année 2020 et sont de bon augure pour les mois à venir — à condition toutefois que la valse des fermetures ne continue pas tout au long de l’exercice 2021, le leader du marché ayant déjà dû fermer la quasi-totalité de ses magasins au cours des premières semaines de l’année.
Si une certaine appréhension s’est fait sentir au moment de la réouverture des points de vente à la mi-mai concernant la présence du consommateur, celle-ci s’est vite dissipée. La crainte était légitime que ce dernier se mette dans une position attentiste dans un premier temps, attendant de voir si la situation allait rapidement s’améliorer. Au final, c’est à une fréquentation soutenue que les acteurs de la distribution
ont dû faire face, le consommateur répondant à l’appel dès la réouverture des points de vente. L’effet rattrapage de deux mois de non-consommation a joué à plein dans un premier temps, et les enseignes ont dû faire face à de nombreuses commandes alors que les stocks peinaient parfois à suivre.
Après ces premières semaines, la croissance sur le marché est restée forte sur les mois suivants ainsi qu’en décembre, le mois de novembre ayant à nouveau été marqué par de nouvelles fermetures. Les deux mois de confinement au printemps ont en effet remis le logement au centre des préoccupations des Français. Ces derniers sont restés bloqués chez eux durant de longues semaines, et un logement qui leur semblait adapté pour une présence occasionnelle le soir et les week-ends s’est pour bon nombre d’entre eux révélé plus déceptif sur le long terme. Le confinement aura ainsi été un véritable révélateur quant à la réalité de leur logement et aura impulsé de nombreux projets de réaménagement, d’achat de meubles et de décoration pour améliorer son intérieur, le rendre plus confortable ou le remettre tout simplement au goût du jour. Les arbitrages des ménages se sont donc faits en faveur de l’habitat au cours du deuxième semestre, comme le montrent les résultats flatteurs du bricolage (+4,8 % en 2020 selon la Banque de France), qui parvient à terminer l’année en croissance, ou de l’électroménager, qui enregistre également des progressions de chiffre d’affaires à la fois du côté du gros et du petit électroménager (respectivement
+1 % et +11 % selon le Gifam).
Autre élément intéressant et potentiellement porteur pour les semaines à venir, l’envie d’améliorer son logement se traduit par une volonté des consommateurs de monter en gamme concernant leurs achats de mobilier. Les progressions soutenues et supérieures à la moyenne du marché des magasins spécialistes — tant au niveau de la cuisine, de la literie que du salon — ainsi que des enseignes de l’ameublement
milieu – haut de gamme entre mai et novembre illustrent cette tendance. Les consommateurs sont à la recherche de produits plus qualitatifs en cas de nouveau confinement éventuel. Ils sont ainsi prêts pour bon nombre d’entre eux à mieux s’équiper et à y mettre le prix, ce qui devrait permettre de recréer de la valeur sur le marché dans les semaines à venir.

Un marché dynamique entre les deux confinements

L’économie française aura connu une situation inédite en 2020 avec la mise à l’arrêt de son industrie, de ses commerces et de bon nombre de ses activités de service pendant deux mois, de la mi-mars à la mi-mai, avant de nouvelles fermetures en novembre. La fermeture des commerces dits « non essentiels », dont font partie les magasins de meubles, aura pesé sur l’activité du secteur même si le résultat affiché en fin d’année s’avère meilleur que ce que l’on pouvait redouter.
Après un début d’année correct avec une croissance cumulée sur les deux premiers mois juste au-dessus des 2 %, la fermeture des points de vente à la mi-mars a mis un coup d’arrêt à la bonne dynamique du marché du meuble. Avec des reculs d’activité encore jamais vus de plus de 50 % en mars et de 85 % en avril, le marché avait perdu un tiers de sa valeur sur les quatre premiers mois, et les retours venant d’autres pays où les magasins de meuble avaient déjà rouvert leurs portes faisaient état d’une fréquentation plutôt morose, faisant craindre le pire pour la suite de l’exercice.
Toutefois en France, l’effet de rattrapage de longues semaines de fermeture aura été immédiat et n’aura pas été qu’un feu de paille. Il aura lancé ainsi le marché sur une bonne dynamique pour les mois suivants, enchaînant les croissances à deux chiffres jusqu’à la fin octobre, ramenant ainsi le recul d’activité à –5 % sur dix mois et laissant ainsi espérer que le marché pourrait finir étal sur l’exercice.
Les nouvelles fermetures du mois de novembre ont malheureusement interrompu cette bonne tendance. À fin octobre, l’IPEA estimait le recul d’activité du marché sur l’ensemble de l’année à –10 %, en se basant pour novembre sur l’expérience d’une activité extrêmement réduite du mois d’avril et d’un mois de décembre généralement peu propice à la consommation de meubles et plutôt centré sur la préparation et les cadeaux des fêtes de Noël et de fin d’année. Contre toute attente, grâce à des acteurs du marché qui auront su tirer avantage de leur expérience du premier confinement en mettant en place des solutions alternatives beaucoup plus rapidement pour permettre au consommateur d’effectuer ses achats et à l’ouverture maintenue des grandes surfaces de bricolage, la chute d’activité en novembre (–41,1 %) aura été moitié moindre que celle d’avril (–85,0 %). De surcroît, la bonne dynamique du marché aura repris dès décembre, les ménages n’attendant pas que les fêtes se passent avant de revenir en magasin, le marché enregistrant une croissance inattendue sur le dernier mois de l’année de plus de 40 %, permettant ainsi au marché de repasser au-dessus des 5 % de déficit.

Structure de la distribution en 2019

Traitements et estimations IPEA - Sources : IPEA, Éco-mobilier, Insee.
Part de marché CA 2019
(Mds € TTC)
Évolution 2019/2018
Meubles meublant 34.2 % 4.59 3.49 %
Meubles de cuisine 27 % 3.61 6.2 %
Canapés, fauteuils et banquettes 17.5 % 2.34 2.9 %
Literie 13.3 % 1.78 4 %

Les indicateurs sociaux à compter du 1er Janvier 2021

SMIC

2021 2020
Horaire : 10,25 € 10,15 €
Mensuel : 1 555 € 1 539 €

Plafond sécurité sociale

2021 2020
Mensuel brut : 3 428 € 3 428 €
Annuel brut : 41 136 € 41 136 €

Salaires minima conventionnels

La grille des minimas conventionnels du 01.09.20 est applicable depuis le 1er octobre 2020 (grille disponible dans l’espace adhérent).

Le salarie minimum conventionnel du premier groupe (151,67h mensuelles brut) est porté à 1543 euros.

Minimum garanti (MG) 2020 : 3,65€

Les indicateurs INSEE

En savoir plus : insee.fr

Croissance économique
PIB -1,3% au 4ème trimestre 2020 (-8,3% sur 2020)
Inflation
+0,6 % sur un an - janvier 2021 provisoire
Consommation des ménages en biens
+3,7 % en volume en octobre (+2,7% par rapport à octobre 2019)
Indice des prix à la consommation (ensemble)
104,09 en décembre 2020 (hors tabac)
Indice de référence des loyers commerciaux
115.70 au 3eme trimestre 2020 (+0,09% annuel)
Indice de référence du coût de la
construction (ICC)
1765 au 3eme trimestre 2020 (+1,09% annuel)

Ressources internet