Nouvelle légère progression en octobre

06/12/2022

Tout comme en septembre, le marché du meuble enregistre une faible croissance de ses ventes en valeur en octobre (+1,2%). Cette progression est toutefois en trompe l’oeil et la simple résultante de la hausse des prix par rapport à l’exercice précédent. Le marché garde toutefois une avance plus importante sur ses performances d’octobre 2019 avec une progression de 14,1% par rapport à cette dernière année référence. Comme sur le mois précédent, les résultats d’une enseigne à l’autre se révèlent assez hétérogènes et parfois au sein d’un même circuit où peuvent se côtoyer des progressions et des reculs d’activité à deux chiffres en fonction des offres commerciales mises en place. Une fois n’est pas coutume, sur le mois, de nombreux spécialistes cuisine et literie semblent marquer le pas avec des reculs parfois assez importants pour certains acteurs. Même tendance pour les enseignes de l’ameublement milieu haut de gamme alors que la grande distribution enregistre de meilleurs résultats. Au niveau des produits, peu de changements également, le meublant fait la course en tête sur le mois alors que la literie ferme la marche.

Le mois d’octobre en bref…

Evolution du marché oct.2022/ oct.2021 +1,2 %
oct. 2022/ oct. 2019 +14,1 %
Evolution du cumul à fin oct. 2022/2021 +1,7 %
 à fin oct. 2022/2019 +10,2 %

 

 

Sur 10 mois, le cumul se stabilise à +1,7%, une progression qui ne repose là aussi que sur les hausses de prix appliquées par les acteurs du secteur et le rattrapage d’avril. Par rapport à 2019, le marché accentue son avance avec une croissance de 10,2% fortement conditionnée par l’inflation également. Pour finir l’exercice au moins étal par rapport à 2021, il faudrait que le marché chute en moyenne de 9% sur les deux derniers mois, ce qui parait peu probable au vu de ses résultats depuis la rentrée et des hausses de prix déjà mises en place ou à venir, même si les arbitrages des ménages se renforcent. Le marché devrait donc clôturer l’exercice sur une faible croissance de son chiffre d’affaires.

 

Indicateur de conjoncture – Note Octobre 2022

Nous avions déjà évoqué le sujet dans la note de conjoncture précédente via les résultats d’un baromètre Ipsos-Qualitel sur les critères de choix des ménages quant à l’achat de leur logement, la situation dans l’immobilier neuf comme ancien est une composante importante de la bonne tenue du marché du meuble. Les résultats publiés dans le courant du mois de novembre concernant la forte chute des ventes de logements neufs au troisième trimestre ont mis en alerte de nombreux professionnels du secteur de l’ameublement et de l’équipement de la maison, inquiets quant à la situation sur le marché immobilier. Pour faire le point sur le sujet, petit tour d’horizon des derniers chiffres publiés :

-1,6%, soit la baisse des mises en chantier de logements neufs sur les douze derniers mois à fin octobre (novembre 2021-octore 2022). Sur douze mois, ce sont ainsi 380 800 logements qui ont été mis en chantier, soit un rythme bien inférieur à celui des dernières années pré-covid et encore largement en dessous des 400 000 unités en rythme annuel. On notera également que le rythme des mises en chantier semble encore se ralentir ces deniers mois avec un recul de 3,4% sur le dernier trimestre d’août à octobre 2022. En ce qui concerne les permis de construire délivrés, ils progressent fortement sur les douze derniers mois glissants. Ils affichent une croissance de 7,5% pour atteindre 500 700 unités, accentuant encore le décalage entre permis de construire et mises en chantier. Toutefois, la situation ralentit fortement sur le dernier trimestre avec un recul des permis de construire délivrés de 8,1%. Si les ménages semblent motivés à faire construire sur l’année écoulée, le passage du permis à la mise en chantier se fait de plus en plus long. Entre les hausses de prix des matières premières, de la main d’oeuvre ainsi que des difficultés renforcées pour accéder au crédit, les ménages peinent à mettre en place leur projet.

1 145 000, c’est le nombre de transactions dans l’immobilier ancien en rythme annuel à fin août selon la dernière note de conjoncture immobilière des notaires de France parue en novembre. Si l’activité reste à des niveaux élevés, bien au-dessus du million de transactions, elle s’affiche toutefois en recul de 5,6% par rapport aux douze derniers mois précédents et au pic de 1,2 million enregistré en septembre 2021. On notera que sur les derniers mois le recul a plutôt tendance à s’accélérer car il n’était que de 3,7% en rythme annuel en juin. Sur l’ensemble de l’année 2022, les notaires de France estiment que le nombre de transactions devrait se stabiliser autour de 1,1 million avant de ralentir encore en 2023, malgré un ralentissement de la hausse des prix. Toutefois, toujours selon les notaires, l’atterrissage en 2023 devrait se faire en douceur.

-16,8%, c’est le niveau de la baisse des ventes de logements neufs aux particuliers sur le troisième trimestre 2022, la chute s’accentue encore après un recul de plus de 10% au deuxième trimestre et de 5% au premier trimestre selon les derniers chiffres du ministère de la transition écologique et de la cohésion du territoire. Sur le cumul des neuf premiers mois de l’année, la chute approche les 10%. La hausse des prix dans l’immobilier neuf ces derniers mois associée à la hausse des taux d’intérêts et aux difficultés d’accès aux crédits pèsent de tout leur poids sur les ventes.

-*- Article ci-dessous déjà publié au mois de juin 2022 -*-

Indicateur de conjoncture – Note semestrielle Juin 2022

Dans la maison, le meuble résiste bien

Si au cours du premier semestre 2021 l’équipement de la maison avait le vent en poupe, la situation est plus délicate sur le premier semestre 2022. Sur un marché globalement en recul, le meuble parvient toutefois à tirer son épingle du jeu en affichant des résultats en croissance.
Une fois n’est pas coutume, parmi les secteurs que nous observons, celui qui enregistre les meilleures performances sur les six premiers mois de l’année est le textile habillement qui voit son activité progresser de plus de 15% par rapport à 2021 sur le semestre. Le marché reprend un peu de couleurs après une année 2020 en recul de 15% qui n’avait pu être compensée par les 8% de croissance de 2021. Nul doute que l’arrêt des restrictions de sortie depuis le second semestre 2021 a fait du bien au secteur sur les premiers mois de l’exercice en cours.
Le marché de l’électronique grand public recule pour sa part de 2,1% sur les premiers mois de l’année par rapport à 2021 sous l’impulsion des arbitrages des ménages. L’effet rattrapage auquel on a pu assister sur le marché du meuble au cours du semestre est moins flagrant sur ce secteur qui a moins été concerné par les fermetures des surfaces de vente les plus grandes du premier semestre 2021 et qui réalisait déjà une part non négligeable de son chiffre d’affaires via la vente en ligne bien avant le covid. Les problèmes de stocks sur certains produits n’ont pas non plus aidé à maintenir l’activité. Le secteur devrait toutefois profiter d’une bonne fin d’année à l’approche de la coupe du monde de football qui exceptionnellement démarrera en novembre et qui devrait inciter comme à chaque fois bon nombre de téléspectateurs à changer leur écran. Même causes et mêmes effets pour l’électroménager qui voit ses ventes ralentir sur le premier semestre de près de 7% si l’on en croit les chiffres de la Banque de France.
Léger recul également pour le bricolage, de nombreux ménages ayant mis leurs travaux en pause suite à la hausse des prix des matières premières et à la baisse de leur pouvoir d’achat. Le secteur reste néanmoins fortement en avance sur le premier semestre 2019 avec une croissance de plus de 30% par rapport à cette dernière marque référence hors covid.
Situation plus difficile enfin en ce qui concerne l’automobile dont les immatriculations chutent encore de 16% sur le premier semestre après une année 2021 tout juste étale mais qui faisait suite à une chute de 25% en 2020. La baisse du pouvoir d’achat et les délais de livraison qui s’allongent suite à la pénurie de semi-conducteurs handicapent fortement le marché.

Moral et pouvoir d’achat en berne

Nous l’avons déjà évoqué lors de nos notes précédentes mais les prix des matières premières et par conséquent des biens de consommation ne cessent d’augmenter ces derniers mois dans des proportions inédites depuis le second choc pétrolier en 1979. Le pouvoir d’achat des ménages est sous pression et leur moral au plus bas face à une conjoncture économique et internationale précaire.

Source : Insee

Depuis le début de l’exercice 2022, les prix à la consommation ne cessent d’augmenter. Ainsi, ils progressent encore de 0,7% en juin par rapport au mois précédent et de 5,8% sur un an. L’énergie est toujours en première ligne de ces hausses de prix avec une croissance de plus de 5% encore en juin et de près d’un tiers sur un an, tendance qui ne devrait pas s’arranger au vu de la situation en Russie et en Ukraine. Du côté de l’alimentaire, les prix accélèrent leur augmentation avec une croissance de 0,8% en juin et de près de 6% sur un an. Concernant les produits manufacturés, l’augmentation reste contenue avec un mois de juin étale et une croissance de 2,5% sur douze mois.

La consommation des ménages en biens se contracte légèrement sur ce début d’année avec un recul sur les six premiers mois de 1,5%. Ce résultat est toutefois à relativiser car fortement relevé par la bonne performance du mois d’avril (+6,9%) consécutive à la fermeture des points de vente non essentiels sur ce mois en 2021. Si l’on retire le mois d’avril du calcul, sur la moyenne des cinq mois restants, la consommation des ménages recule de 3,0%. L’aménagement du logement est bien plus impacté pour sa part, ainsi la consommation en biens sur ce secteur recule de plus de 7% malgré un mois d’avril à +15%. Si l’on retire avril, on arrive à un recul moyen proche des 11% sur les cinq mois restants.

Deuxième pôle d’économie des Français pour préserver leur pouvoir d’achat : la réduction de leurs dépenses en énergie. Ainsi ce sont 82% d’entre eux qui déclarent qu’ils font ou qu’ils feront plus attention en ce Fonctionnement à double vitesse pour la construction de logements neufs sur ce début d’année. Ainsi sur le dernier trimestre disponible de mars à mai 2022, on constate une progression de 16,7% des permis de construire délivrés contre un recul de 5% des logements mis en chantier sur la même période. La situation est presque similaire si l’on observe les résultats sur douze mois glissants. Les permis de construire progressent de plus de 16% alors que les mises en chantier affichent pour leur part un petit +0,5% qui les maintient en dessous des 400 000 unités mises en chantier en rythme annuel. La transition entre le permis de construire délivré et la construction proprement dite est plus difficile ces derniers mois alors que les difficultés se bousculent sur le secteur : hausse des prix des matières premières, passage à la RT 2020 qui fait augmenter également les coûts de construction, difficulté à trouver un artisan alors que ces derniers affichent des carnets de commande pleins suite aux vagues de travaux initiés ces derniers mois, durcissement de l’accès au crédit etc… Du côté de l’immobilier ancien, les transactions restent à des niveaux élevés juste en dessous des 1,2 million en rythme annuel à fin mai 2022 en progression d’un peu plus de 4% sur un an mais en baisse par rapport à l’été dernier où les transactions avaient franchi cette barre des 1,2 million.

 

Si pléthore d’indicateurs ne sont pas au beau fixe sur ce début d’exercice, celui concernant le taux de chômage au sens du BIT en France métropolitaine se porte encore une fois particulièrement bien. Ainsi, au premier trimestre celui-ci s’affichait en léger retrait de sa dernière marque du dernier trimestre 2021 avec des taux de respectivement 7,1% et 7,2%. Attention toutefois, ce taux de chômage est restrictif car il ne prend en compte que les chômeurs sans emploi durant une semaine donnée, qui sont disponibles dans les deux semaines suivantes et qui ont recherché un emploi activement durant les quatre semaines précédentes. Il faut donc ajouter à ce taux ce que l’Insee appelle le « halo autour du chômage » soit 1,8 million de demandeurs d’emploi supplémentaires, ce qui correspond à 4,4% des 15-64 ans mais qui ne sont pas considérés comme étant au chômage car ils ne recherchent pas d’emploi activement au cours de la période observée ou ne sont pas disponibles immédiatement.

En juillet, l’indicateur synthétique de confiance des ménages est au plus bas depuis 9 ans et juin 2013, bien en dessous de sa moyenne de longue période. Il perd ainsi près de vingt points depuis février suite au début du conflit ukrainien et à l’accélération de la hausse des prix. Les Français sont très pessimistes en ce qui concerne leur niveau de vie futur avec un indicateur 46 points en dessous de sa moyenne et qui aura perdu près de quarante points depuis février. Constat similaire en ce qui concerne l’opportunité d’effectuer des achats importants, l’indicateur se situe vingt-cinq points en dessous de sa moyenne de longue période, et en recul de 21 points depuis février. Les pressions sur le pouvoir d’achat se font sentir et les ménages français ne sont pas prêts à investir dans certaines dépenses. Cette baisse de la consommation ne se fera toutefois pas forcément au profit de l’épargne car si l’indicateur mesurant l’opportunité d’épargner demeure trois points au-dessus de sa moyenne de longue période, il est en recul de onze points par rapport à février. La question se pose de savoir si les ménages ne veulent pas épargner plus ou si, au vu de leurs difficultés de pouvoir d’achat, ils ne peuvent pas épargner plus. En ce qui concerne l’évolution future des prix, les ménages pensent que ces derniers vont continuer à augmenter avec un indicateur mesurant cette opinion 37 points au-dessus de sa moyenne de longue période mais en recul de 33 points depuis mars. Le seul point sur lesquels les ménages demeurent confiants est le taux de chômage qu’ils ne voient pas progresser. L’indicateur qui mesure leur opinion quant au chômage demeurant 22 points sous sa moyenne de longue période.

Quelles perspectives pour la fin 2022 ?

Difficile d’être optimiste au vu de la conjoncture actuelle pour les semaines et mois à venir. Le moral des ménages est au plus bas et ces derniers redoutent que la hausse des prix se poursuive fortement. Ils ne sont pas prêts dans ces conditions à s’impliquer financièrement dans des achats importants comme le montre d’ailleurs l’évolution des dépenses en biens pour l’équipement de la maison sur les six premiers mois de l’année, bien inférieure à celle des biens au global. Les ménages ont arbitré dans leurs dépenses et ils ont diminué en premier lieu celles à destination de leur logement pour lequel ils ont beaucoup investi depuis le second semestre 2020. Il faut donc encore sans doute s’attendre à une nouvelle chute de la fréquentation dans les magasins d’équipement de la maison, en espérant que celle-ci pourra au moins être compensée par la hausse des prix. En ce qui concerne le marché du meuble en valeur, la situation reste toutefois à relativiser car au premier semestre ce dernier demeure en avance à la fois sur 2021 (+5,3%) et aussi sur 2019 (+10,7%). Pour que le marché revienne à son niveau de 2019, il faudrait une chute d’activité en valeur en moyenne de 20% sur les derniers mois de l’année, ce qui parait fortement improbable.

La construction de logements neufs ainsi que le niveau de transactions dans l’immobilier ancien lorsqu’ils sont bien orientés ont toujours constitué des alliés de poids pour la bonne tenue du marché du meuble. Si les mises en chantier sont à la peine sur ce début d’année, les permis de construire sont délivrés en masse et les transactions dans l’ancien se portent bien. Toutefois la hausse des taux des crédits immobiliers, même si elle reste en deçà de l’inflation, et la difficulté d’accès au crédit pour les ménages les moins aisés, qui se traduit par une forte baisse de la production de crédit de 15% au cours de deuxième trimestre 2022, pourraient remettre en cause ces bonnes performances. D’autant plus que les ménages se montrent inquiets quant à leur capacité à investir dans l’immobilier dans les prochains mois comme le montrent les résultats de la dixième vague du baromètre Ifop pour Cafpi* sur l’accession à la propriété.

62% des personnes interrogées estiment que les conditions d’accès au crédit sont devenues plus difficiles au cours des dernières années alors qu’elles n’étaient que 51% lors de la dernière vague de l’enquête réalisée en septembre 2021. Si 14% estiment pour leur part qu’elles n’ont pas évoluées, 9% estiment également qu’elles sont devenues plus faciles alors que 15% n’ont pas d’opinion sur le sujet.
66%, c’est la part des Français qui se déclarent inquiets des effets de l’inflation sur les conditions d’accès à un crédit immobilier, 28% d’entre eux se montrant même très inquiets. 71% s’inquiètent des effets de l’inflation sur les prix de l’immobilier, 32% sont très inquiets. 72% s’alarment quant à eux des effets sur la hausse des taux d’intérêts avec 31% des Français qui se déclarent très inquiets. Ces proportions restent toutefois inférieures à celles concernant leur pouvoir d’achat pour lequel 85% des personnes interrogées se déclarent inquiètes. 50% des Français étant même très inquiets.
30% des personnes interrogées déclarent avoir l’intention de devenir propriétaire d’une résidence principale dans les cinq prochaines années, 15% d’un bien immobilier locatif et 9% d’une résidence secondaire, ce sont ainsi 41% des Français qui projettent de devenir propriétaire d’au moins un bien immobilier dans les cinq ans, contre 44% au cours de la vague précédente du baromètre.
57% des personnes interrogées qui ont un projet d’achat immobilier dans les cinq prochaines années estiment que le niveau d’inflation actuel pourrait les inciter à le retarder. Si 32% estiment que cela n’aura pas d’incidence et n’entrainera ni de retard ni d’accélération de leur achat, 11% d’entre eux estiment néanmoins que cela pourrait accélérer leur projet immobilier dans la crainte que l’inflation et les taux ne continuent à augmenter.

*Un échantillon de 1504 Français représentatif de la population selon la méthode des quotas sur des critères de sexe, d’âge et de profession a été interrogé en ligne du 9 au 17 mai 2022.

Une saisonnalité en déséquilibre

Comme tous les ans, cette note semestrielle est l’occasion de refaire le point sur la saisonnalité du marché du meuble. Suite à la crise du Covid en 2020, la saisonnalité du marché a été fortement affectée. Pour 2021, la fermeture partielle des points de vente dès le début du mois de février puis ensuite totale à partir d’avril ne permet pas encore un retour à la normale.


Source: IPEA , * Pour des raisons de lisibilité, seuls les poids des mois pour l’année 2021 sont affichés

En 2020, les magasins de meubles avaient été fermés deux mois entre la mi-mars et la mi-mai sans que les enseignes aient le temps de mettre en place une solution de remplacement. Ils avaient ensuite été à nouveau fermés en novembre, déséquilibrant d’autant la saisonnalité au détriment de ces périodes. En 2021, si le mois de novembre n’aura pas connu de fermetures, les points de vente auront encore été fermés au premier semestre, partiellement puis en totalité, mais avec cette fois ci des solutions de remplacement mises en place par les acteurs ce qui a permis au marché d’entamer doucement le rééquilibrage de sa saisonnalité.
En 2021, c’est à nouveau le mois d’avril qui pâtît le plus de la fermeture des points de vente. C’est en effet le seul mois où les magasins de meuble auront été fermés tous les jours en 2020 et en 2021. Ainsi, malgré les solutions de remplacement mises en place par les enseignes, qui ne peuvent toutefois pas compenser la fermeture des magasins, le mois d’avril ne représente que 4,3% des ventes en 2021, contre 1,3% en 2020. En 2022, le mois d’avril devrait renouer avec une part de marché plus en phase avec son poids historique les magasins ayant enfin pu être ouverts pour la première fois depuis trois ans.
Pour le reste du premier semestre, les mois de janvier, février, mars et mai se rapprochent de leur part de marché de 2019. Le mois de juin reste pour sa part toujours à des niveaux élevés, et le deuxième mois de l’année en valeur avec janvier, profitant sans doute encore de l’appétence des Français pour leur logement, qui en ont profité pour mettre en oeuvre des travaux au moment des vacances.
Au deuxième semestre, de nombreux mois retrouvent également une part de marché proche de celle de 2019 mais sur la base de valeurs plus élevées. C’est le cas des mois d’août, septembre, octobre et novembre où les magasins seront restés ouverts en 2021 contrairement à 2020. Décembre retrouve lui aussi sa part de marché de l’année 2019, l’effet rattrapage de 2020 lié aux fermetures de novembre n’ayant plus lieu d’être en 2021. Le mois de juillet quant à lui reste un cran au-dessus de son poids de l’année 2019 et demeure le premier mois de l’année en valeur.

La production française de meubles en recul en 2022

La production française de meubles enregistre un léger recul de son activité à la fois par rapport à 2021 mais aussi par rapport à 2019 sur les cinq premiers mois de l’exercice 2022.

Les meubles de bureau et de magasin

La production de meubles de bureau et de magasin parvient à maintenir son activité en valeur sur les cinq premiers mois de l’année. Au vu de la hausse des prix des matières premières, la situation est sans doute tout autre en volume et fortement à la baisse. Ce résultat, positif au premier abord reste donc à relativiser. D’autant plus que, comparé à 2019 et sur cinq mois, la production accuse un recul de son activité de 5,2% sur cette dernière référence hors covid. De même à la fin de l’année 2021, la production accusait un retard en valeur de plus de 8% sur l’exercice 2019, retard qui sera difficile à combler au vu des résultats des cinq premiers mois à moins d’un second semestre spectaculaire.

 

La literie

Après un beau rattrapage de son activité en 2021 qui lui avait permis de clôturer l’année sur une croissance de 16% et donc de revenir à son niveau de performances de 2019, le début d’exercice 2022 semble plus difficile pour les industriels de la literie. Ainsi, sur les cinq premiers mois de l’année, le segment s’affiche en recul d’un peu plus de 10%, malgré une baisse des importations en valeur de l’ordre de 6% sur les quatre premiers mois de l’année selon les données des douanes. On peut s’interroger sur cette performance alors que la consommation de literie progresse en valeur sur ce début d’année. Certaines enseignes auraient-elles stocké outre-mesure ou la hausse des prix à la production serait-elle moins marquée sur ce segment ?

 

La cuisine

Comme à chaque fois maintenant, c’est la cuisine qui enregistre les meilleures performances de production sur ce début d’année 2022 avec une croissance qui approche les 5% sur cinq mois par rapport à 2021. Si l’on compare par rapport à 2019, la cuisine est encore largement en tête avec une progression de son activité qui frôle les 20% en valeur sur les cinq premiers mois de l’année. La performance pourrait toutefois être encore meilleure sans une progression très forte des importations (+16% dont +21% en provenance d’Allemagne) sur les quatre premiers mois de l’année selon les douanes.

 

Les autres produits meubles

Concernant les « autres produits meubles », le recul d’activité est aussi de rigueur sur ce début d’exercice avec une contraction de la production de 8,6% sur les cinq premiers mois malgré les hausses des prix de production. Par rapport à 2019, l’activité recule de 8% sur cinq mois alors que le segment affichait déjà un recul d’un peu plus de 3% sur cette dernière année référence à la fin de l’exercice 2021. Encore une fois difficile d’avoir une analyse plus fine sur cette catégorie qui englobe à la fois du meuble meublant pour les différentes pièces de la maison ainsi que les canapés, banquettes, fauteuils et divers autres types de meubles comme la salle de bains par exemple.

Au global, la performance de l’industrie française du meuble est en retrait sur le début d’année 2022 et les seules progressions de la cuisine et du mobilier de bureau ne peuvent maintenir l’activité à son niveau de 2021. Sur les cinq premiers mois, la production recule donc de près de 3% par rapport à l’exercice précédent mais aussi par rapport à 2019. Si l’on compare les performances françaises à celles de certains de ses voisins européens, la France semble un peu en retard en ce qui concerne la production de mobilier. On notera ainsi que les industriels allemands enregistrent pour leur part une croissance de 3% par rapport à l’exercice précédent alors que les Italiens affichent un +3,7%. Les industriels portugais enregistraient une progression de 2,1% sur les quatre premiers mois de l’année alors que l’industrie espagnole affiche pour sa part une croissance de près de 10% sur cinq mois. La Roumanie affiche un recul de 3,6% et les Belges de 7,8%. Parmi les principaux producteurs européens, les industriels tchèques et polonais jouent dans une autre catégorie avec des croissances respectives de 15,1% et de 13,1% (sur les quatre premiers mois de l’année pour la Pologne).

Evolution (valeur) du marché domestique m / m–12


Structure distribution 2021

Structure de la distribution en 2019

Traitements et estimations IPEA - Sources : IPEA, Éco-mobilier, Insee.
Part de marché CA 2021
(Mds € TTC)
Évolution 2021/2020
Meubles meublant 32.3 % 4.7 9.3 %
Cuisine intégrée 28.8 % 4.18 19.5 %
Canapés, fauteuils et banquettes 17.9 % 2.61 17.5 %
Literie 12.8 % 1.86 12.8 %
Meuble de Jardin 4.4 % 0.65 14.5 %
Meuble de salle de bains 3.8 % 0.55 10.5 %

Les indicateurs sociaux à compter du 1er Janvier 2023

SMIC

2023 2022
Horaire : 11,27 € 11,07 €
Mensuel : 1 709 € 1 679 €

Plafond sécurité sociale

2023 2022
Mensuel brut : 3 666 € 3 428 €
Annuel brut : 43 992 € 41 136 €

Salaires minima conventionnels

La grille des minimas conventionnels du 19.09.2022 est applicable depuis le 1er octobre 2022 (grille disponible dans l’espace adhérent).

  • Depuis le 1er janvier 2023, le Groupe 1 et le Groupes 2 niveau 1, 2 et 3 ont été rattrapés par le SMIC à 1709,28 euros. Il convient donc de tenir compte de cette valeur pour les salariés concernés, pour vérifier s’ils perçoivent mensuellement au moins cette valeur pour 151,67h.

Les salaires minima conventionnels de la grille servent de base au calcul de la prime d’ancienneté.

Rappel :

  • Le Groupe 1 et les Groupes 2 niveau 1 et 2 ont été rattrapés par le SMIC à 1603.12 euros du 01.01.2022 au 30.04.22. Il convenait donc de tenir compte de cette valeur pour les salariés concernés pendant cette période, pour vérifier s’ils percevaient mensuellement au moins cette valeur pour 151,67h.
  • Du 1er mai 2022 au 31 juillet 2022, la grille a été de nouveau « rattrapée » par le SMIC de 1645,58 euros du Groupe 1 au Groupe 3 niveau 2. Il convenait donc de tenir compte de cette valeur pour les salariés concernés pendant cette période, pour vérifier s’ils percevaient mensuellement au moins cette valeur pour 151,67h.
  • Du 1er aout 2022 au 31 septembre 2022, la grille a encore été « rattrapée » par le SMIC de 1678,95 euros du Groupe 1 au Groupe 3 niveau 3. Il convenait donc de tenir compte de cette valeur pour les salariés concernés pendant cette période, pour vérifier s’ils percevaient mensuellement au moins cette valeur pour 151,67h.

 

Minimum garanti (MG) au 1er janvier 2023: 4,01€

Les indicateurs INSEE

En savoir plus : insee.fr

Croissance économique
PIB +0,2% au 3eme trimestre 2022
Inflation
+5,9 % sur un an (-0,1 % sur un mois) - décembre 2022
Consommation des ménages en biens
+0,5% en novembre 2022
Indice des prix à la consommation (ensemble)
113,53 en novembre 2022 (hors tabac)
Indice de référence des loyers commerciaux
126,13 au 3eme trimestre 2022 (+5,37% annuel)
Indice de référence du coût de la
construction (ICC)
2037 au 3eme trimestre 2022 (+8,01% annuel)

Ressources internet