Le marché freine son érosion en mars

04/05/2022

En mars, le marché stoppe sa chute et renoue avec une très faible croissance pour la première fois depuis novembre 2021 en enregistrant une progression de 0,9%. Sur un mois de mars marqué ces deux dernières années par de nombreuses fermetures de points de vente, le marché reste un peu en retrait de sa performance de 2019, dernière exercice référence hors covid, en enregistrant un recul d’activité de 3,1%. Ce premier résultat positif de l’année est toutefois à analyser avec précaution. En effet, le marché ne progresse que de 1% alors que les prix sont en forte hausse depuis plusieurs mois, ce qui illustre la chute de fréquentation et le retournement de tendance avec lesquels le marché doit composer. De plus, l’effet rattrapage que nous avions évoqué dans la note précédente suite à la fermeture des surfaces de vente de plus de 20 000 m² s’accentue en mars suite à la fermeture des surfaces de ventes de plus de 10 000 m² et à de nouveaux confinements dans certains départements en mars 2021. Ce rattrapage déforme le marché à la hausse et même si les résultats sont très hétérogènes selon les acteurs, de nombreuses enseignes enregistrent des performances bien inférieures à la moyenne du mois de mars.

Le mois de Mars en bref…

Evolution du marché mars 2022/mars 2021  +0,9 %
mars 2022/mars 2019 -3,1 %
Evolution du cumul à fin mars 2022/2021 -3,5 %
 à fin mars 2022/2019 +5,0 %

 

 

En ce qui concerne le cumul du premier trimestre, celui-ci remonte un peu par rapport à 2021 pour s’établir à -3,5% alors qu’il se contracte par contre par rapport à 2019 et n’affiche plus qu’une croissance de 5,0%. Au cours du mois d’avril 2021, la majorité des points de vente de mobilier étaient fermés, quelle que soit leur surface. L’effet rattrapage devrait donc encore s’accentuer pesant positivement sur la performance mensuelle et cumulée du marché et masquant ainsi de manière provisoire les difficultés qui secouent le secteur du meuble.

Evolution (valeur) du marché domestique m / m–12


Les ventes de mobilier progressent fortement en 2021

En 2021, les ventes de meuble repartent fortement à la hausse avec une progression de plus de 14 % par rapport à l’exercice 2020, pour se stabiliser à 14,5 milliards d’euros. C’est la première fois que le marché franchit la barre des quatorze milliards d’euros.

 

On a pu observer en 2021 un phénomène de rattrapage après une année 2020 en retrait suite à la crise sanitaire et à la fermeture des points de vente de produits non essentiels. Mais le rattrapage d’une année difficile ne suffit pas à expliquer cette bonne performance. Les deux confinements de l’année 2020 ont remis le logement au centre de l’attention des ménages français, qui affichent de nombreux projets de travaux et de réaménagement pour leur intérieur. Les ventes de mobilier profitent pleinement en 2021 de cette volonté de remise à neuf. Si l’on compare les résultats de l’exercice 2021 à ceux de 2019, le marché a progressé de 8,8 % par rapport à cette dernière année de référence, soit un gain en valeur de plus d’un milliard d’euros.

L’année 2021, comme la précédente, aura également été marquée par la fermeture des surfaces de vente de biens non essentiels de plus de 20 000 m² dans un premier temps, puis de plus de 10 000 m² dans un second temps, avant la fermeture de tous les points de vente de ce type. Toutefois, les solutions de remplacement mises en place par les enseignes (click-and-collect, retrait en points relais, livraisons, etc…) ont rempli leur rôle et ont permis de limiter la chute des ventes sur le marché durant ces périodes de fermeture.

On notera également une poursuite de la volonté de monter en gamme des ménages, avec d’excellents résultats chez les spécialistes salon, cuisine, salle de bains ou literie tout au long de l’année, comme dans les enseignes des magasins de l’ameublement milieu – haut de gamme. Les consommateurs sont prêts à investir davantage dans leur mobilier, d’autant plus que les sommes épargnées depuis le début du premier confinement sont colossales, avec plus de 100 milliards d’euros supplémentaires mis en banque par les ménages.

Si l’engouement des Français pour leur logement est de bon augure pour l’exercice 2022, certains freins menacent toutefois l’activité sur le marché. Au premier rang de ces menaces potentielles, on trouve bien sûr la hausse des prix de vente, sous la pression à la fois des augmentations des prix du fret et des matières premières. Ces augmentations de tarif pourraient en effet amener les ménages à repousser voire annuler certains de leurs achats de mobilier, d’autant plus que les difficultés d’approvisionnement poussent certaines enseignes à allonger les délais de livraison, ce qui peut également avoir un effet dissuasif auprès du consommateur. La baisse du pouvoir d’achat consécutive à ces hausses de prix, ainsi qu’à celles de l’énergie et du carburant, pourrait également inciter les ménages à arbitrer dans leurs dépenses, arbitrages qui pourraient se faire au détriment du meuble, pour lequel ils ont beaucoup dépensé ces derniers mois. La guerre en Ukraine ne sera pas non plus sans conséquences sur l’économie française et pourrait amener les ménages à revoir leurs priorités dans leurs dépenses.

 

Les confinements : une opportunité pour la filière meuble

Au cours de l’année 2021 et dans la lignée de 2020, les restrictions sanitaires et la généralisation du télétravail ont engendré de nouvelles attentes des consommateurs tant au niveau de l’aménagement de leur maison que de leurs parcours et critères d’achats.

L’avènement du télétravail transforme en profondeur les modes de vie des consommateurs. Le développement d’activités telles que le home office, le sport, ou les repas à la maison nécessitent de repenser les espaces de vie à la maison. Fabricants comme distributeurs conçoivent de nouveaux produits et services pour répondre à ces usages émergents.

Les restrictions sanitaires ont également pénalisé la fréquentation des magasins, déjà ralentie avant la pandémie. Pourtant l’activité 2021 a été dynamique, grâce à une adaptation des professionnels pour proposer un parcours clients omnicanal optimisé, où proximité, conseils et inspirations renouvellent l’expérience.

Ainsi après avoir fui l’achat corvée, le consommateur est passé à l’achat plaisir mais aussi à l’achat impliquant. De plus en plus exigeant, il entend désormais donner plus de sens à ses achats. L’achat devient un acte « citoyen » au travers duquel le client entend agir sur la société non seulement en tant qu’acheteur mais aussi en tant qu’acteur social et environnemental, poussant parfois son engagement jusqu’à jouer un rôle de vendeur de ses anciens produits et d’influenceur via les réseaux sociaux.

L’Observatoire CETELEM confirme cette tendance du consommateur 2022, à la fois acheteur, vendeur, influenceur et acteur.

 

Tous les segments sont en croissance en 2021

Evolution en valeur par familles de produits – milliards d’euros courants TTC

Structure de la distribution en 2019

Traitements et estimations IPEA - Sources : IPEA, Éco-mobilier, Insee.
Part de marché CA 2021
(Mds € TTC)
Évolution 2021/2020
Meubles meublant 32.3 % 4.7 9.3 %
Cuisine intégrée 28.8 % 4.18 19.5 %
Canapés, fauteuils et banquettes 17.9 % 2.61 17.5 %
Literie 12.8 % 1.86 12.8 %
Meuble de Jardin 4.4 % 0.65 14.5 %
Meuble de salle de bains 3.8 % 0.55 10.5 %

Les indicateurs sociaux à compter du 1er Janvier 2022

SMIC

2022 2021
Horaire : 10,57 € 10,48 €
Mensuel : 1 603 € 1 589 €

Plafond sécurité sociale

2022 2021
Mensuel brut : 3 428 € 3 428 €
Annuel brut : 41 136 € 41 136 €

Salaires minima conventionnels

La grille des minimas conventionnels du 15.11.21 est applicable depuis le 1er janvier 2022 (grille disponible dans l’espace adhérent).

Le Groupe 1 et les Groupes 2 niveau 1 et 2 sont rattrapés par le nouveau SMIC à 1603.12 euros au 01.01.2022

En conséquence, il faudra vérifier pour ces salariés concernés par ces groupe-niveaux, que leur rémunération mensuelle brute pour 151,67h ne soit pas inférieure à ce nouveau SMIC.

ATTENTION : A compter du 1er mai 2022, la grille est à nouveau « rattrapée » par le SMIC de 1645,58 euros du Groupe 1 au Groupe 3 niveau 2; il conviendra donc de prendre cette nouvelle valeur pour les salariés concernés.

Les salaires minima conventionnels de la grille servent de base au calcul de la prime d’ancienneté.

Minimum garanti (MG) 2022 : 3,65€

Les indicateurs INSEE

En savoir plus : insee.fr

Croissance économique
PIB +0,7% au 4eme trimestre 2021
Inflation
+4,5 % sur un an (+1,4% sur un mois) - mars 2022
Consommation des ménages en biens
- 1,5% en janvier 2022
Indice des prix à la consommation (ensemble)
109,70 en mars 2022 (hors tabac)
Indice de référence des loyers commerciaux
118,59 au 4e trimestre 2021 (+2,42% annuel)
Indice de référence du coût de la
construction (ICC)
1886 au 4e trimestre 2021 (+5,07% annuel)

Ressources internet